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L'atelier des plombiers avant les travaux, béton nu et canalisations apparentes : Étienne Pugliesi-Conti, au fond, le bras levé

NotreHistoire

Repères

  1. XIIIe s.

    La rue porte déjà le nom des Bourdonnais

  2. 1851

    Premier dessin connu de la maison du 39

  3. 1898

    Elle porte l'enseigne « à la Barbe d'Or »

  4. Avant 1969

    La famille Fabra y fait sécher ses fruits

  5. 1969

    Les Halles partent à Rungis

  6. Années 1970

    Les plombiers s'installent au rez-de-chaussée

  7. 2012

    Archibald & Abraham s'installe au premier étage

  8. 2025

    Chez les Plombiers reprend le rez-de-chaussée, et le nom

  9. 10 janvier 2025

    L'Atelier est lancé

  10. Janvier 2026

    L'Appartement rose succède aux bureaux

  11. Septembre 2026

    La Boutique ouvre sur la rue

Dessin à la plume de 1898 par Henri Chapelle : le vieil hôtel du 39 rue des Bourdonnais, à l'angle de l'impasse, avec une tête barbue sculptée au-dessus de la porte cochère
Henri Chapelle, 1898 — « Un vieil Hôtel 39 Rue des Bourdonnais au coin de l'Impasse des Bourdonnais, à la Barbe d'Or ». Musée Carnavalet, CC0.

À la Barbe d'Or

Avant d'être une adresse, la maison était une enseigne. On l'appelait « à la Barbe d'Or », et « à la Tête Noire » avant cela — du nom de la tête barbue sculptée au-dessus de la porte cochère. Sur le dessin, elle est encore là, au-dessus du porche. C'est le même porche qu'on franchit aujourd'hui pour aller dans la cour.

Elle a été assez remarquable pour qu'on la dessine trois fois en soixante ans, et pour qu'Eugène Atget vienne la photographier. Les planches sont au musée Carnavalet ; le tirage d'Atget est à Boston.

Nous ne savons pas de quand elle date. Aucune des notices ne le dit, et nous préférons l'écrire plutôt que d'avancer un siècle. La rue, elle, porte son nom depuis la fin du XIIIe siècle.

Des fruits d'Amérique du Sud, séchés dans les caves

Pendant des décennies, la maison appartient à la famille Fabra, qui importe des fruits d'Amérique du Sud. Ils les faisaient sécher dans les deux sous-sols, puis les vendaient aux Halles.

La famille occupait l'immeuble entier, et le salon principal se trouvait dans l'actuel APPARTEMENT. Elle tenait un marchand de journaux là où il y a aujourd'hui la pizzeria. Dans l'impasse, derrière, on garait les chevaux et les charrettes. Elle occupe encore une partie de l'immeuble.

C'est une maison de commerce, et tout ce qu'elle contient sert à ce commerce : les caves sèchent, l'impasse charge, les étages logent.

1969

Les Halles s'en vont à Rungis

Le marché qui faisait vivre le quartier disparaît en quelques mois, et avec lui la raison d'être de la maison : on n'importe plus de fruits à côté d'un marché qui n'est plus là. Dans les années qui suivent, l'immeuble est découpé en lots.

Puis des plombiers, pendant quarante ans

Ils s'installent au rez-de-chaussée, dans la cour, et y restent assez longtemps pour que le lieu porte leur nom. Quand ils sont partis, l'atelier est resté tel quel : sol de ciment, murs bruts, canalisations au plafond.

Leur enseigne est toujours sur la façade. COUVERTURE PLOMBERIE, en lettres noires, au-dessus de la vitrine. Personne n'a voulu la décrocher.

L'atelier des plombiers avant les travaux : béton nu, poteaux, fenêtres à barreaux
Écriteau peint au mur par les plombiers : « Pensez à éteindre les lumières »
Le coffre-fort laissé par les plombiers, contre le mur de béton
Étienne Pugliesi-Conti, chemise blanche et foulard orange, devant le mur de béton de L'ATELIER

Le premier étage

Étienne Pugliesi-Conti

L'étage change de mains plusieurs fois : des particuliers, puis des architectes, qui y travaillent longtemps. En 2012, Étienne Pugliesi-Conti y installe son agence de communication, Archibald & Abraham. Il n'a plus quitté cette adresse depuis.

C'est de là qu'est venu le reste : l'atelier des plombiers, puis la boutique sur la rue en 2026. Trois lieux dans la maison où il travaillait déjà.

Aujourd'hui

L'ATELIER est l'atelier des plombiers. L'APPARTEMENT est l'ancienne agence. LA BOUTIQUE est la vitrine sur la rue. Les trois ne communiquent pas entre eux : on ressort et on traverse la cour, comme on l'a toujours fait.

Ce qu'on a ajouté, c'est la lumière. Pauline David, architecte, et son studio Light is More en ont signé la conception. Elle éclaire le béton sans le repeindre : c'est tout le propos.

L'ATELIER aujourd'hui : béton brut conservé, sol clair, canapé Pierre Paulin

Sources

Henri Chapelle, 1898

« Un vieil Hôtel 39 Rue des Bourdonnais au coin de l'Impasse des Bourdonnais, à la Barbe d'Or ». Musée Carnavalet, CC0.

Léon Leymonnerye, 1851

La même maison, à l'angle de l'impasse. Musée Carnavalet, CC0.

Eugène Atget, vers 1896

« Maison de la Tête Noire, puis de la Barbe d'Or ». Tirage au Museum of Fine Arts, Boston.

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